
Production d’électricité : un potentiel inégalé, mais des résultats disparates
Le Niger bénéficie d’un ensoleillement exceptionnel, avec plus de 3 000 heures par an, et possède d’importantes ressources souterraines, notamment des réserves d’uranium, de charbon à Anou Araren, ainsi que des gisements pétroliers dans les bassins d’Agadem et de Bilma. Pourtant, la valorisation de ces atouts reste encore très limitée. En 2023, la capacité installée de production électrique atteignait seulement 377 MW, pour une production annuelle de 804 GWh. La part des énergies renouvelables y était marginale, puisque près de 97 % de cette production reposait sur les combustibles fossiles, principalement le pétrole et le charbon, contre à peine 3 % provenant du solaire.
Cette faiblesse de la production nationale explique une dépendance massive aux importations en provenance du Nigéria : plus de 1,2 milliard de kWh en 2023, soit entre 70 et 80 % de la consommation totale du pays.
À titre de comparaison, la France produit chaque année un peu plus de 500 TWh d’électricité (données AIE / ONU). Autrement dit, en un an, le Niger produit ce que la France génère en environ deux heures.
Consommation très faible : reflet d’un développement encore limité
La consommation d’électricité au Niger reste extrêmement faible, traduisant un développement encore limité. La consommation moyenne est d’environ 60,8 kWh par Nigérien, soit à peine 1 % de la consommation annuelle d’un Français estimée à près de 6 800 kWh. Le Niger figure ainsi parmi ceux qui affichent les plus faibles niveaux de consommation électrique par habitant au monde, malgré tous les atouts dont dispose le pays.
L’accès à l’électricité demeure lui aussi très limité. En 2022–2023, seuls 21 à 22 % des Nigériens étaient raccordés, avec de fortes disparités entre les zones rurales et urbaines. Dans certaines zones rurales, le taux d’électrification chute à moins de 10 %, tandis que dans la capitale, il atteint environ 40 %.
Conséquences au quotidien
Sans électricité, l’accès à des services essentiels comme l’éducation, les soins de santé – en particulier la conservation des vaccins – ou encore l’eau potable, demeure fortement restreint. L’absence de courant constitue également un frein majeur à l’industrialisation et à la création d’emplois formels, tout en alimentant la fuite des compétences vers d’autres horizons ou d’autres secteurs en décalage avec leur expertise. À cela s’ajoute une forte dépendance aux importations qui expose le pays à des coupures récurrentes, comme en 2023 lorsque le Nigeria a suspendu ses exportations électriques dans le contexte des sanctions, ou encore en 2025 lors de la chute de pylônes, un incident qui a provoqué plus d’un mois de délestage dans la capitale en pleine période de chaleur extrême.
Souveraineté énergétique : un horizon à construire

De manière générale, les perspectives de développement fixées par les autorités du CNSP sont ambitieuses. Parmi les projets phares, le barrage de Kandadji avec ses 629 GWh/an attendus, la centrale à charbon de Salkadamna et d’autres projets structurants constituent des facteurs majeurs pour l’objectif de souvéraineté énergétique. Ils offrent une alternative durable et précieuse à la dépendance extérieure. Pour y parvenir, il faudra néanmoins surmonter des défis considérables tels que la mobilisation de financements stables, la modernisation et l’extension des infrastructures de réseau, le développement de solutions de stockage adaptées ainsi qu’une gouvernance transparente et efficace au niveau des entités impliquées dans le processus.
Le rôle du gouvernement Zeine s’avère ici crucial. Par ses choix stratégiques, sa capacité à choisir soigneusement et renforcer la coopération avec les partenaires techniques et financiers et son engagement à instaurer un cadre réglementaire clair et attractif, il peut transformer ces ambitions en résultats concrets.
En bref : Comparaison entre le Niger et le Maroc

